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Pourquoi le commissionnement assure-t-il la performance énergétique des installations ?

Publié le 25 avril 2019

Jusqu’à présent peu connu, le commissionnement est pourtant indispensable au bon fonctionnement des bâtiments et à la performance des installations. Démarrée dès la phase de programmation du projet, cette étape permet en effet de s’assurer de la qualité d’une opération de construction ou de rénovation tout au long de sa réalisation, mais aussi d’une bonne prise en main de l’utilisateur pour une exploitation optimale de l’installation sur la durée. Cédric Déronzier, Responsable commissionnement chez CENA ingénierie, nous explique le principe du commissionnement et ses avantages.

Comment définiriez-vous le commissionnement ?

Le commissionnement consiste en l’ensemble des tâches nécessaires pour mener à terme une installation neuve afin qu’elle atteigne le niveau de performance énergétique défini contractuellement, et maintenir ce niveau de performance tout au long de la vie du bâtiment. Les missions de commissionnement peuvent notamment concerner des installations de chauffage, dont il est parfois difficile d’anticiper les consommations et les performances, à l’heure des bâtiments bien isolés et des solutions de chauffage ultra sophistiquées.

Le commissionnement consiste également à mettre à disposition des clients ou des utilisateurs toute la documentation et les instructions d’utilisation et de maintenance du matériel, un volet de la mission comprenant également la formation des intervenants, essentielle pour garantir le bon fonctionnement de l’installation.

Le commissionnement s’applique-t-il aussi bien à la construction qu’à la rénovation ?

Oui, dès lors qu’on intervient sur une installation technique, cette opération se réalise aussi bien dans le neuf que dans l’existant.

Chez CENA ingénierie, il se peut par ailleurs que nous devions procéder à des actions de rétro-commissionnement lorsque nous nous apercevons, par exemple, dans le cadre de diagnostics réalisés dans des bâtiments existants, que les installations techniques n’ont pas été correctement mises en service ou qu’aucun accompagnement utilisateur n’a été mené à la restitution du projet. Le travail consiste alors à se replonger dans l’installation et à procéder à tous les réglages nécessaires pour pérenniser la qualité de l’ouvrage.

Cédric Déronzier, Responsable commissionnement chez CENA ingénierie

Cédric Déronzier, Responsable commissionnement chez CENA ingénierie

Comment mettre en place une mission de commissionnement ?

Le commissionnement fait l’objet d’une longue expérimentation chez CENA Ingénierie, qui nous a conduit à mobiliser une personne sur le sujet. Cette mission nécessite en effet une certaine expérience, avec des compétences à la fois techniques, mais aussi en gestion de projet, puisque le suivi des entreprises impliquées est décisif dans la réussite de la mission.

Parmi les tâches qui incombent au responsable commissionnement, celui-ci doit indiquer les parties d’installation visées, lister les organes à régler et indiquer les valeurs attendues, accompagner et contrôler les entreprises dans les phases de mise en service et de réglage des installations, préciser la mise en main des installations auprès des usagers, et surtout, sensibiliser tous les acteurs du projet au commissionnement pour que cette étape ne soit pas oubliée.

Chez CENA, le responsable commissionnement intervient, en parallèle du chargé d’affaires dédié à l’opération, dès la phase programmation, dans l’analyse des choix de conception, de réalisation et de maintenance de toutes les prestations impactant la performance énergétique du projet. Le responsable commissionnement est surtout très présent pendant la phase de mise en service et de réglage des installations techniques.

Quels sont les risques de se passer d’une telle étape ?

Le risque est de ne pas procéder aux réglages et à la vérification de tous les automatismes permettant le bon fonctionnement de l’installation. Des contrôles qui, sans commissionnement, ne sont jamais complètement exécutés à la fin d’une opération, les intervenants préférant généralement parer au plus pressé afin de rendre l’ouvrage dans les délais impartis. Se passer du commissionnement, c’est risquer la multiplication des pannes, une consommation excessive d’énergie, ou des inconforts, comme la surchauffe.

Quelles sont les principales difficultés rencontrées dans la mise en place d’une mission de commissionnement ?

L’intégration du commissionnement dans le planning de l’opération fait partie des principales difficultés. Cette phase, qui peut durer 2 à 3 mois, repousse forcément la livraison du projet si elle n’a pas été décidée en amont.

Elle oblige également les acteurs du projet à revoir leur manière de procéder pour intégrer cette démarche dans leur travail. C’est presque un véritable changement de mentalité que le responsable de commissionnement doit accompagner afin que l’action de chaque intervenant serve la qualité du projet.

Ce processus n’est pourtant pas encore ancré dans les pratiques. Pourquoi cette frilosité des professionnels à intégrer le commissionnement dans leur opération ?

Le commissionnement a beau représenter un véritable atout dans la conduite du projet, les entreprises ne sont globalement pas organisées pour mettre en place ce type de démarche. Les maîtres d’ouvrage et les équipes de maîtrise d’œuvre ne sont pas encore sensibilisés à l’intérêt de la démarche. De plus, l’exploitant n’est pas toujours désigné lors de la phase de commissionnement. Ce dernier se retrouve bien souvent à la livraison du projet, sans disposer des informations utiles au bon fonctionnement de l’installation, l’empêchant de tirer profit de toutes ses performances, ce qui limite, de fait, l’impact de la démarche sur le projet.

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