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Performance des bâtiments : la qualité de l’eau en question

Publié le 27 mars 2019

Contrôler la qualité de l’eau circulant dans les circuits climatiques est une étape à laquelle les professionnels se soustraient encore trop souvent au moment de rénover des installations de chauffage. Pourtant, une eau de mauvaise qualité peut provoquer de nombreuses perturbations dans les réseaux et diminuer les performances des équipements. Pour comprendre l’importance de la qualité de l’eau dans ce type d’installations, nous avons interrogé Fabrice Audibert, responsable commercial du marché bâtiments collectifs et tertiaire chez BWT, spécialiste en traitement de l’eau.

Pourquoi faut-il s’assurer de la qualité de l’eau lorsqu’on intervient en rénovation sur des installations de chauffage ?

L’eau est un élément essentiel au fonctionnement des systèmes de chauffage en France. Elle circule dans tous les éléments de la chaufferie, que ce soit la chaudière, la tuyauterie, les pompes de circulation, les radiateurs, etc. La présence d’une eau de mauvaise qualité dans ces différentes installations peut être source de plusieurs problématiques : présence de tartre, de boues, corrosion.

Aujourd’hui, en rénovation, le professionnel va mettre en place des chaudières beaucoup plus performantes en termes d’efficacité énergétique, sans forcément tenir compte de l’historique de l’installation. Y-a-t-il eu auparavant, ou non, un traitement de l’eau ? En l’absence de traitement, il y a un risque d’avoir de la boue et du calcaire dans l’installation, facteurs qui altèreront à plus ou moins long terme les capacités des équipements.

Performantes, les nouvelles chaudières sont aussi beaucoup plus petites que les anciens modèles. Elles ont réduit de manière significative tout leur système d’échange. La moindre formation de boue dans le système va causer des dysfonctionnements, et cela, plus rapidement que sur les anciennes chaudières, qui présentent souvent des tuyauteries assez larges et des corps de chauffe plus importants, donc moins facilement impactés par le dépôt de boue.

 

Fabrice Audibert BWT

Si en construction, le nécessaire est généralement fait en amont pour que les installations neuves fonctionnent correctement, en rénovation, il est essentiel de prendre en compte l’historique du bâtiment afin d’en savoir plus sur la qualité de l’eau, déterminer si elle est suffisante. Dans le cas contraire, la mise en place d’un traitement, à la fois curatif et préventif, permettra de garantir le bon fonctionnement des nouvelles installations de chauffage.

En quoi consiste ce traitement de l’eau ?

Le traitement se fait en deux temps. Tout d’abord, nous traitons le calcaire. Il se dépose la plupart du temps dans les points les plus chauds, essentiellement dans les corps de chauffe des chaudières. Pour éviter cela, nous utilisons un adoucissement qui élimine le calcium et le magnésium de l’eau et évite ainsi l’entartrage des équipements.

Nous travaillons ensuite pour empêcher la formation de boue dans les installations. Cela peut être des boues à base de calcaire mais aussi des boues causées par la corrosion des réseaux. Des produits inhibiteurs de corrosion et dispersants sont alors employés pour éviter l’apparition de boues et protéger ainsi les tuyauteries et la chaudière du risque de corrosion.

À combien se chiffrent les pertes de performances énergétiques provoquées par une mauvaise qualité de l’eau ?

C’est tout l’objet de l’étude que BWT a réalisée avec le bureau d’études environnementales Econeaulogis, et dans laquelle nous évaluons l’impact du tartre et des boues sur les performances des installations.

Il y avait jusqu’ici peu d’éléments factuels sur le sujet, il nous paraissait donc important de pouvoir chiffrer ses conséquences pour bien se rendre compte du risque que représente cette mauvaise qualité de l’eau sur les équipements.

L’étude se concentre sur un cas type de 30 logements type BBC et fait ressortir une perte énergétique de l’ordre de 7 % pour un dépôt d’1 mm de calcaire sur la chaudière. Pour certains corps de chauffe, la quantité de calcaire relevée est bien supérieure à 1 mm. Il n’est pas rare en effet de constater des dépôts allant jusqu’à 1 cm, altérant d’autant plus les performances énergétiques de l’installation.

Ce contrôle de la qualité de l’eau relève aujourd’hui davantage des bonnes pratiques que d’une obligation règlementaire. Comment inciter les pros à considérer ce sujet avec attention ?

Nous manquons en effet d’une règlementation qui assure la qualité de l’eau dans les installations de chauffage, contrairement à l’eau chaude sanitaire où le cadre légal est posé. Seules des recommandations sont formulées pour l’instant sur la partie chauffage.

Chez BWT, nous appelons les professionnels à être pragmatiques : quand du calcaire entre dans une installation, cela va forcément créer des perturbations qui nuisent aux résultats de leurs interventions. Traiter l’eau doit donc faire partie des actions indispensables à mettre en place car cela permet de garantir la sécurité et les performances des installations, ainsi que la qualité de votre prestation.

>> Pour plus d’informations sur BWT, rendez-vous sur www.bwt.fr

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