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Malfaçons : quels sont les plus gros flops en construction ?

Publié le 11 juillet 2019

L’AQC (Agence Qualité Construction) vient de publier son 14ème Observatoire sur la qualité de la construction en France, dans lequel sont recensées les pathologies les plus répandues dans le secteur de la construction. Dans le viseur, les désordres liés aux revêtements de sol intérieur et aux ossatures poteaux-poutres qui ont connu ces dernières années une importante augmentation.

Le revêtement de sol intérieur en tête des malfaçons

Pour réaliser cet état des lieux de la construction en France, l’AQC s’est basée sur les données issues de son dispositif Sycodés, qui rassemble les informations fournies par les rapports des experts appelés par les assurances lors de la mise en œuvre de l’assurance Dommages-Ouvrage. Des données qui permettent ainsi d’avoir une photographie des désordres les plus répandus dans le secteur de la construction, même s’il convient de mesurer les résultats au regard des parts de marché des techniques employées, prévient l’AQC.

Parmi les pathologies les plus fréquemment recensées dans le rapport, celles concernant les revêtements de sol intérieur arrivent en tête de ce « flop 10 », désordres aussi présents en nombre qu’en coût de réparation, en maisons individuelles ou en logements collectifs.

Les problèmes de fissures au sol sont en effet en augmentation de 2016 à 2018, avec un taux de sinistralité qui est passé de 10,5 % à 14 % de l’effectif total des désordres sur le segment maisons individuelles sur cette période, un niveau qui appelle les professionnels à la plus grande vigilance d’exécution sur ces postes d’intervention.

« Dans les maisons individuelles neuves, où les sols sont généralement recouverts de carrelage, nous rencontrons souvent une insuffisance de joint dans la chappe ou les carreaux », des faiblesses qui, selon les cas, peuvent conduire à des mouvements entre le carrelage et la chappe et provoquer des fissures, précise Catherine Labat, expert construction au cabinet Neoxa, et qui a participé à la rédaction du rapport.

Les défauts concernant les ossatures poteaux-poutres (hors charpente seule) font également partie de ceux qui ont  le plus progressé ces trois dernières années, aussi bien en maisons individuelles qu’en habitat collectif, pour devenir aujourd’hui la troisième pathologie la plus courante en construction.

Dans les logements collectifs, « le principal problème réside dans les armatures, que ce soit au niveau de leur positionnement, assemblage ou liaison. Avant le coulage, il faut une exigence importante au niveau du positionnement de l’acier afin que le béton armé résiste », explique Catherine Labat.

Le risque des WC suspendus

Autre menace qui plane sur la qualité des constructions actuelles, la progression des désordres en lien avec les équipements sanitaires, qui concentrent près de 6 % des pathologies observées sur la période 2016-2018. Une croissance des sinistres qui pourrait être imputée à la généralisation des douches à l’italienne, selon les experts à l’origine du rapport. Ces dernières  expliquent en effet que ce type d’installation présente souvent des défauts d’étanchéité aux liaisons avec les murs.

L’engouement pour les WC suspendus est également une piste avancée pour expliquer cette augmentation des désordres propres aux équipements sanitaires. En cause, la qualité des murs auxquels sont fixés ces modèles de sanitaires, pas assez résistante dans les logements neufs, où les plaques de plâtre sont souvent utilisées pour constituer les cloisons, des matériaux incapables de supporter correctement le poids des équipements sur la durée.

>> Pour consulter l’édition 2019 de l’Observatoire sur la qualité de la construction en France, cliquez ici.

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