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Comment créer une prise de terre en rénovation ?

Publié le 28 mai 2020

Dans cet article, Promotelec vous explique comment réaliser une prise de terre dans l’habitat existant. La méthode des conducteurs en fond de fouille est certes celle donnant la meilleure prise de terre, mais la méthode des piquets s’avère plus réaliste à appliquer en rénovation.

Quelques rappels

Dans une installation électrique,  l’installation de mise à la terre permet d’évacuer vers la terre tout courant de défaut d’isolement. L’association de cette mise à la terre avec un dispositif de coupure automatique de l’alimentation permet la mise hors tension du ou des circuits en défaut de l’installation électrique. Cette association protège ainsi les personnes contre les chocs électriques par contact indirect.

Une installation de mise à la terre comprend :

  • la prise de terre ;
  • le conducteur de terre ;
  • la barrette de mesure (facultative) ;
  • la borne principale de terre, à laquelle est reliée la liaison équipotentielle principale (L.E.P.) ;
  • le conducteur principal de protection ;
  • les conducteurs de protection de chaque circuit de l’installation ;
  • la liaison équipotentielle supplémentaire (L.E.S.), obligatoire dans les salles d’eau.
L’Officiel 1 – Installations électriques des bâtiments d’habitation neufs (Promotelec)

Source : Installations électriques des bâtiments d’habitation neufs (Promotelec)

La prise de terre fait partie des six points de sécurité règlementaires. Elle est rendue obligatoire par la norme NF C 15-100, aussi bien en construction neuve, qu’en rénovation totale, dans le cadre d’une mise en conformité. L’absence de prise de terre est l’anomalie la plus répandue dans les installations électriques de plus de 15 ans. Pour les maisons individuelles, la prise de terre est obligatoire même dans l’existant.

Les deux principales méthodes pour réaliser une prise de terre

Il existe plusieurs méthodes pour créer une prise de terre. Les deux le plus couramment utilisées sont :

- la méthode des piquets verticaux

Ce procédé est assez simple à mettre en œuvre, ce qui en fait l’une des techniques les plus répandues lorsqu’on intervient dans un bâtiment existant. Il consiste à réaliser la prise de terre en plantant un ou plusieurs piquets dans la terre, à 2 mètres minimum de profondeur pour s’affranchir des aléas climatiques. Ces piquets sont accessibles par un regard de visite et sont reliés à la borne principale de terre via le conducteur de terre.

Ces piquets peuvent être :

  • des barres d'acier galvanisé de diamètre extérieur au moins égal à 25 mm ;
  • des profilés en acier galvanisé d'au moins 60 mm de côté ;
  • des barres d'un moins 15 mm de diamètre en cuivre ou en acier recouvert de cuivre.

Si plusieurs piquets sont mis en œuvre (en étant interconnectés, ce qui abaisse la résistance de la prise de terre), ces piquets doivent être éloignés d’une distance au moins égale à leur longueur.

- la méthode des conducteurs en fond de fouille

Largement adoptée en construction neuve, cette solution consiste à ceinturer le périmètre du bâtiment avec un  conducteur horizontal posé en fond de fouille de fondation.

La section de ce conducteur doit être au moins égale à :

  • 25 mm² pour du cuivre nu ;
  • 95 mm² pour de l’acier galvanisé.

Quelle solution privilégier en rénovation ?

La méthode de la boucle en fond de fouille doit s’appliquer avant la mise en place des fondations, ce qui rend cette solution impossible à mettre en œuvre en rénovation.

La méthode des piquets est à privilégier dans l’habitat existant.

  • Si le bâtiment ou la maison dispose d’une cave, la prise de terre peut être réalisée dans la cave. Dans le cas où  il y a une dalle béton, les travaux consistent à creuser pour atteindre la terre afin d’y enfoncer le piquet.
  • Raccorder l’armature métallique du bâtiment à la prise de terre créée contribue à l’améliorer en diminuant sa résistance. Pour cela, il faut  percer la  dalle afin de récupérer l’armature métallique, enfoncer un piquet dans le sol sous la dalle, puis raccorder le conducteur de terre en cuivre nu 25 mm² sur le piquet, ainsi que sur l’armature métallique de la dalle avec un serre câble adapté au diamètre de la section de la partie métallique et du conducteur de terre.

Zoom sur les mesures compensatoires

En maison individuelle, il n'y a pas de mesure compensatoire à l’absence de prise de terre, de liaison équipotentielle principale (LEP) et de conducteur principal de protection.

En immeuble collectif d’habitation, dans le cas où la création d’une prise de terre ne serait pas possible, que ce soit pour raison technique (sol composé de roche dure), administrative ou économique, plusieurs mesures compensatoires sont prévues pour limiter le risque de choc électrique et ainsi assurer la sécurité de l’installation :

  •  un dispositif différentiel à haute sensibilité (≤ 30 mA) doit  protéger l’ensemble de l’installation électrique ;
  • la cuisine doit comporter une liaison équipotentielle supplémentaire reliant toutes les canalisations métalliques, les contacts de terre des socles de prise de courant et les masses des gros matériels électroménagers de classe I ;
  • l’absence de mise à la terre doit être signalée sur le tableau électrique par un marquage spécial. Il est également recommandé d’adresser un courrier au syndic ou au propriétaire de l’immeuble afin de leur signifier le défaut de mise à la terre.

En appartement comme en maison individuelle, en cas d’absence de conducteur de protection sur un ou plusieurs circuits, ce ou ces circuits doivent être protégés par DDR 30 mA, à titre de mesure compensatoire.

>> Pour en savoir plus sur la mise à la terre en rénovation, nous vous conseillons le tome 2 de la collection L’Officiel de l’Électricité édité par Promotelec : « Installations électriques des bâtiments d’habitation existants ».

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